[93] B. G. O., août-sept. 1893, p. 593 et suiv.
[94] Revue maçonnique, juin 1895, p. 133.
[95] B. G. O., août-sept. 1894, p. 385 ; août-sept. 1895, p. 192-196.
[96] C. R. G. O., 20-25 sept. 1897, p. 234-239.
Elles furent brandies, en 1898, d’un bout à l’autre de la France, contre « cette horde de perfides et de travestis que Victor Hugo, prophète, appelait l’immensité des Poux[97] » ; et grâce aux dépenses, « beaucoup plus grandes que les années précédentes[98] », qu’avait faites la Commission de propagande, la maçonnerie, « non pas officiellement, mais d’une manière effective néanmoins, descendit partout dans l’arène[99] ». M. Massé, député radical de la Nièvre, a dit, au convent de 1898, l’occulte héroïsme de ses Frères : rapporteur de la commission de propagande, nul n’était mieux qualifié pour parler avec exactitude et conclure avec vaillance. « Ne nous endormons pas sur des lauriers éphémères, s’écria-t-il : fêtons la victoire d’hier en nous préparant aux luttes de demain, et que, dans la paix comme dans la guerre, notre mot d’ordre reste éternellement le même : le cléricalisme, voilà l’ennemi[100] ! » Lorsque Gambetta forgeait cette devise de circonstance, il eût été fort surpris si on lui eût révélé qu’il travaillait pour l’éternité ; il avait d’ailleurs un sens trop délicat des vicissitudes historiques pour accepter une pareille prévision.
[97] Discours de M. Viguier, conseiller municipal de Paris, et membre du Conseil de l’Ordre, aux obsèques du F∴ Lartigue (20 juin 1898).
[98] C. R. G. O., 19-24 sept. 1898, p. 273.
[99] C. R. G. O., 19-24 sept. 1898, p. 275-276.
[100] C. R. G. O., 19-24 sept. 1898, p. 292.
Mais le « cléricalisme maçonnique », pour reprendre l’expression piquante de M. Lenervien[101], a l’immutabilité d’une Église ; avec une sûreté toute dogmatique, il enseigne l’évolution future, comme les confessions chrétiennes enseignent les fins dernières ; et la politique se doit assouplir à son dogme, dont le premier article est la négation de l’idée religieuse. La maçonnerie sait, aussi, que la continuité des maximes devient une force inusable, lorsqu’elle a pour auxiliaire, au fond des âmes, la continuité des passions ; et qu’importe que les intelligences s’ennuient du mot d’ordre maçonnique, si les passions, incessamment, lui renouvellent leur adhésion ?