Tout en parlant, les Terriens, guidés par Brahmès, s'étaient mis en marche et bientôt ils s'étaient engagés dans un chemin en lacet, serpentant au milieu d'énormes roches.
Pendant près d'une heure, ils montèrent, suant, soufflant, geignant, maugréant; puis soudain le signal de la halte fut donné et Ossipoff auquel le Vénusien causait avec animation, s'approcha de Farenheit.
—Rassurez-vous, sir Jonathan, dit-il, vos jambes n'auront pas la peine de vous refuser un service que vous ne leur demanderez pas. Grâce aux Vénusiens, qui ont, paraît-il, à desservir un hôpital installé presque au sommet même de cette montagne, nous la gravirons sans fatigue, dans un véhicule très commode et très simple.
—Un véhicule! s'écria Fricoulet très intéressé... mais quelle sorte de véhicule?
Comme il achevait ces mots, d'une anfractuosité de rochers sortit un grand chariot, monté sur une douzaine de roues en bronze, basses et fort larges; à l'avant, à une sorte de timon très court, une chaîne de bronze était attachée, se déroulant, à perte de vue, sur le flanc de la montagne.
—Mais c'est le système des remorqueurs qui font le service entre Rouen et Paris, s'écria Gontran.
—Sauf que nous ne voyons pas le remorqueur, riposta l'ingénieur.
Interrogé, Brahmès expliqua que sur le versant opposé de la montagne une armée d'habitants de Boos, attelés à la chaîne, descendaient jusqu'à la plaine, formant ainsi contrepoids.
Rapidement, on chargea sur le chariot, tous les ustensiles et les bagages des voyageurs, ainsi que les différentes pièces du réflecteur qu'il s'agissait d'installer à nouveau au sommet de la montagne.
Puis, le signal du départ fut donné et l'ascension commença.