L'Américain prit entre ses mains celles de Gontran.
—Voyons, monsieur de Flammermont, dit-il d'une voix légèrement angoissée, vous nous avez trop souvent déjà tirés d'affaire, pour que cette fois encore...
Ossipoff avait le dos tourné, ce qui permit au jeune comte de pouvoir, sans se compromettre, lever les bras au ciel dans un geste qui marquait son impuissance.
Mais l'Américain était tenace; il ne lâcha pas sa proie.
—By God! grommela-t-il, vous devez à votre réputation, à votre gloire, à votre amour... et aussi à ma haine, de nous sortir vivants de cette impasse...
Et il ajouta en serrant les poings:
—By God! si, au lieu d'être un simple marchand de porcs, j'étais un savant tel que vous, je ne voudrais pas qu'il fût dit que j'ai laissé ma fiancée entre les mains d'un misérable comme ce Fédor Sharp... voyons, cherchez, cherchez...
Gontran eut un mouvement d'impatience.
—Eh! s'écria-t-il... cherchez... c'est commode à dire... vous croyez qu'il suffit de se mettre la cervelle à la torture pour trouver une idée... Je voudrais bien vous y voir...
Il demeura quelques instants silencieux, immobile, la tête penchée sur la poitrine, dans une attitude méditative.