—Baste! grommela l'Américain, un habitant de Mercure! cela ne tire pas à conséquence, et puis, il n'avait qu'à prévenir.

Tout à coup, brusquement, sans transition aucune, la nuit fit place au jour.

À peine le soleil avait-il paru à l'horizon, que rapidement, il s'éleva dans le ciel, déversant sur la planète des torrents de lumière et de chaleur.

Pendant que ses compagnons s'épongeaient le front, Ossipoff, insouciant des insolations, avait saisi sa lunette et, la braquant sur l'astre radieux, mesurait son diamètre à l'aide du micromètre.

—C'est bien cela, murmura-t-il d'un ton satisfait—75'.

—Et de la Terre? demanda l'Américain, sous quel diamètre l'aperçoit-on?

—Sous un diamètre une fois moindre... c'est-à-dire mesurant 32 minutes seulement.

—Nous ne pouvons nous mettre en route maintenant, dit Fricoulet, à moins d'être rôtis tout vifs; si vous m'en croyez, nous nous étendrons sous la voûte épaisse et impénétrable que forme le feuillage de ces arbres, et nous dormirons en attendant la nuit.

Lorsque le crépuscule tomba, enveloppant le paysage d'une douce et chaude lumière dorée, les voyageurs se préparèrent au départ; du reste, ils n'emportaient avec eux que leurs armes, indispensables en prévision de la rencontre de Scharp, et quelques tablettes de la pâte nutritive, pour le cas où quelque habitant de Mercure ne passerait pas à leur portée.

Ils laissaient, auprès du ruisseau, leur sphère avec tout ce qu'elle contenait; nulle crainte que quelque filou y vînt mettre la main.