—Comment allons-nous faire pour ne pas nous égarer? demanda M. de Flammermont.
—D'après mes observations, répondit le vieux savant, nous devons nous trouver, actuellement, sur la limite de la zone tropicale; en nous guidant sur les étoiles, rien ne nous sera plus facile que de faire le tour de la planète, en nous dirigeant vers l'Est.
—Mais il doit certainement exister des mers et des océans, dans ce monde inconnu!... comment ferons-nous pour les traverser?
—Nous aviserons.
Tout en causant, on s'était mis en marche et cinq minutes avaient suffi à parcourir un kilomètre; on alla, de cette allure, jusqu'à minuit environ, traversant des plaines arides, franchissant des collines abruptes, se frayant à grand'peine un chemin à travers des forêts aux arbres titanesques, enchevêtrés de lianes énormes, fouillis inextricable dans lequel il leur fallait se débattre, comme des bestioles dans des toiles d'araignée immenses.
...se frayant un chemin à travers de forêts aux arbres titanesques.
Puis, tout à coup, le ciel s'assombrit, l'atmosphère se couvrit de nuages épais derrière lesquels disparurent les étoiles scintillantes et les astres radieux, et des ombres opaques ensevelirent la planète comme dans un suaire de deuil.
Force fut aux voyageurs de faire halte pour attendre le jour.
À l'aube, comme ils se préparaient à repartir, désireux de profiter des quelques instants pendant lesquels la chaleur était supportable, pour faire encore quelques lieues, Mickhaïl Ossipoff, qui marchait en tête, s'arrêta brusquement.