Fricoulet eut un brusque haussement d'épaules.

—Eh! répliqua-t-il, ce n'est point une preuve cela... cet homme a été surpris, sur le premier moment, cela se comprend,... mais laissez-lui le temps de s'habituer à cette idée, que son futur gendre peut avoir, lui aussi des opinions personnelles, et vous verrez, tout s'arrangera.

—Vous êtes certain? interrogea Séléna inquiète.

—Parbleu! mais il faut que Gontran ne lâche pas pied et qu'il se tienne prêt à recommencer la bataille dès qu'il le faudra, surtout qu'il ne laisse pas percer le bout de l'oreille... tout serait perdu!

Puis, frappant amicalement sur l'épaule du jeune comte:

—Allons! savant d'eau douce, dit-il, prends-moi tes Continents célestes et viens-t-en sous les arbres préparer des arguments victorieux à l'adresse de M. Ossipoff.

Le soir, lorsqu'arriva le moment du repas, le vieillard vint s'asseoir à sa place habituelle, sombre, silencieux, enveloppé dans une dignité froide et offensée.

En face de lui, Gontran, affectant une attitude semblable, mangeait d'un air soucieux, jetant à la dérobée des regards sur Fricoulet, qui avait toutes les peines du monde pour ne pas éclater de rire.

L'ingénieur attendait avec impatience qu'une occasion se présentât de renouveler la discussion du matin.