Cette occasion, ce fut Farenheit qui la fournit tout naturellement en demandant au vieillard:

—Monsieur Ossipoff, voulez-vous faire un pari avec moi?

—Lequel? grommela le savant qui tenait rancune à l'Américain pour son langage du matin.

—Que mes illustres compatriotes Watson et Swift n'ont point fait erreur en constatant l'existence d'une nouvelle planète dans les environs du Soleil.

Ossipoff poussa un rugissement.

—Ah çà! cria-t-il, avez-vous juré de me mettre hors de moi? j'ai dit, ce matin, ce que je pensais de la question, n'y revenons plus!

Puis, malgré lui, il demanda:

—Sur quoi vous appuyez-vous, pour dire des choses semblables, vous qui ne connaissez pas un traître mot des choses astronomiques?

—Sur ce que les Américains sont des gens froids et méthodiques qui ne s'emballent pas, comme les Russes ou les Français...

Le vieillard ricana grossièrement.