—À tout ce que vous voudrez, excepté à la planète Vulcain, qui n'existe pas plus dans le ciel que dans mon œil.

—Cependant, ne sont-ce pas les irrégularités reconnues dans le mouvement d'Uranus qui ont amené Le Verrier à rechercher et à découvrir la planète Neptune?... Donc...

—Donc, il doit en être de même en ce qui concerne Mercure, n'est-ce pas?... grave erreur.

—Eh! s'écria Gontran en simulant une grande surexcitation, vous ne me répondez pas... Comment expliquez-vous?

—L'accroissement de 31’’ que présente l'arc de Mercure dans le mouvement séculaire du périhélie?... tout simplement par le passage d'une nuée de corpuscules gravitant autour du Soleil, mais trop petits pour être distingués de la Terre... mais, quant à une planète... non, non, mille fois non...

—Monsieur Ossipoff, dit à son tour Fricoulet en riant sous cape, avez-vous vu les corpuscules dont vous parlez?

—Non pas... mais pourquoi cette question?

—Parce que je voudrais savoir pourquoi vous admettez, sans l'avoir constatée, l'existence de ces corpuscules alors que vous niez celle d'un monde que certains prétendent avoir aperçu!

Le vieillard ne répondant pas tout de suite, Farenheit prit ce silence pour une défaite et s'écria, en frappant l'une contre l'autre ses mains énormes qui claquèrent, comme des battoirs, dans l'air oxygéné:

—Bravo! monsieur Fricoulet. Bravo! monsieur de Flammermont... Monsieur Ossipoff, je vous renouvelle ma proposition, voulez-vous parier avec moi sur l'existence de Vulcain?... je mets cent dollars...