—Celle de Le Verrier, qui fait tourner la planète autour du Soleil en trente-trois jours.
Ossipoff eut un petit ricanement.
—Et qui est fort inclinée sur l'écliptique... ce qui explique la rareté des apparitions, c'est fort intelligent de la part de Le Verrier et de la vôtre aussi... eh bien! je vous le répète, si Vulcain existe, nous devons forcément le rencontrer... donc, attendons.
On attendit, en effet; plusieurs jours se passèrent pendant lesquels le ciel fut fouillé en tous sens par Gontran et Farenheit, mais inutilement.
M. de Flammermont, pour jouer son rôle de savant convaincu, devait passer de longues heures l'œil rivé à la lunette, comme s'il se fût attendu à voir paraître l'astre tant discuté et dont il se souciait, au fond, comme un poisson d'une pomme.
Quant à Farenheit, du moment que des compatriotes, des habitants des États-Unis avaient affirmé l'existence de Vulcain, il y croyait, lui aussi, et il voulait être le premier à annoncer à Ossipoff qu'il avait perdu les cent dollars.
Le vieillard haussait les épaules avec pitié, en voyant les efforts de ses deux compagnons, et Fricoulet lui-même ne pouvait s'empêcher de ricaner.
Quant à Séléna, en elle-même, elle faisait des vœux pour que Gontran eût raison, et, tout bas, elle suppliait Dieu de faire un miracle en sa faveur en créant de toutes pièces la planète à l'existence de laquelle son bonheur était lié désormais.
Et telle était la préoccupation de tous qu'ils en oubliaient la chaleur épouvantable qui allait croissant chaque jour davantage; sans l'épaisse couche atmosphérique qui entourait le noyau cométaire, les Terriens fussent déjà tombés frappés d'insolation sous les intenses flèches solaires.
Maintenant, la comète n'était plus qu'à quinze millions de lieues du centre dévorant du monde et chaque heure l'en rapprochait davantage encore.