Seules, les nuits apportaient un peu de fraîcheur et atténuaient l'accablante température du jour.

Alors, Farenheit et Gontran, l'un armé d'une jumelle marine retrouvée par lui au fond d'un coffre, l'autre avec la lunette d'Ossipoff, prenaient leur poste d'observation et demeuraient jusqu'à l'aurore, inspectant l'espace avec acharnement.

Or, un matin, le chronomètre de Fricoulet marquait trois heures et demie et M. de Flammermont s'assoupissait tout doucement, le nez écrasé sur sa lunette, quand une exclamation de l'Américain le fit tressauter.

By God!... je la tiens!... je la tiens!

Et aussitôt, pour manifester sa joie, il se mit à danser une gigue échevelée.

—Vous la tenez! s'écria Gontran en courant à lui, qu'est-ce que vous tenez?

—Eh! la planète, parbleu!... la planète Vulcain!

—Ce n'est pas possible! répliqua le jeune homme plein d'incrédulité.