Farenheit haussa les épaules:

—Quels sauvages! grommela-t-il.

—Non pas, déclara Fricoulet, l'année 1557 n'est pas si loin de nous et Ambroise Paré n'était pas un âne... et cependant les comètes avaient encore, à cette époque et aux yeux des gens instruits eux-mêmes, une allure mystérieuse et terrifiante, comme en témoigne la description du chirurgien de Charles IX.

M. de Flammermont, à la mémoire duquel étaient soudainement revenues quelques bribes de l'Astronomie du Peuple, déclara doctoralement:

—C'est en 1558[5] seulement que, grâce aux études de Halley, se trouva vérifiée la prophétie de Sénèque: Halley ayant compris que, d'après les lois de l'attraction universelle, la marche des comètes devait décrire une courbe très allongée, calcula le retour de la grande comète de 1680: l'événement lui donna raison et, le 12 mars 1859, date indiquée par l'astronome, l'astre reparut dans le ciel... à partir de ce moment, il fut bien établi que les comètes tournaient autour du Soleil...

—Ni plus ni moins que de vulgaires planètes... mais en suivant un orbe plus allongé.

—N'avez-vous cependant pas dit tout à l'heure, objecta Séléna, qu'il y en avait qui arrivaient de l'infini et qui y retournaient?

—Vous avez parfaitement raison, mademoiselle; mais pour vous faire comprendre cela, il me faudrait vous donner, sur la théorie de la parabole, des explications qui vous ennuieraient certainement beaucoup et, qu'à vrai dire, mon bagage scientifique ne me permettrait peut-être de vous fournir qu'imparfaitement.