—Au point de vue de leur composition même, poursuivit Séléna, est-ce que toutes les comètes ressemblent à celle sur laquelle nous nous trouvons?

—Non, la plus grande partie d'entre elles n'est qu'une simple masse nébuleuse, un amas de matière cosmique sans consistance. C'est une trace vaporeuse, un nuage gazeux...

—Peut-être même n'est-ce qu'une illusion d'optique, murmura M. de Flammermont.

Fricoulet lui marcha fortement sur le pied, et sans donner au vieillard le temps de relever la réflexion, il répliqua:

—Vous oubliez, monsieur Ossipoff, que la grande comète de 1811 avait un noyau solide ne mesurant pas moins de 1089 lieues de diamètres; celle de 1858 en possédait également un de 9000 kilomètres.

—Et celle de 1769 dont le noyau avait 4000 lieues de diamètre! s'écria Gontran.

Farenheit, qui écoutait en bâillant cette conversation, demanda tout à coup:

—Je croyais que le signe distinctif de la comète, c'était la queue... comment donc se fait-il que celle qui nous porte soit privée de cet appendice?

—D'abord, déclara Ossipoff, c'est une erreur de croire que toutes les comètes aient une queue; il en est qui n'en ont pas, comme il en est qui en possèdent plusieurs.