—Pour faire compensation, sans doute, murmura plaisamment M. de Flammermont.
—Ensuite, poursuivit le vieillard, rien n'est moins prouvé que cet ornement caudal manque au monde sur lequel nous chevauchons...
L'Américain laissa échapper un violent éclat de rire.
—En vérité, dit-il, vous plaisantez... ou bien vous voulez me faire croire que je suis myope... À vous entendre, la queue des comètes atteindrait des milliers et des milliers de lieues de longueur... or, vous avouerez que, s'il en était ainsi, nous serions à la première place pour mesurer celle de notre comète... mais il n'y en a aucune trace.
Et se tournant vers l'Orient, il étendait la main pour désigner l'espace infini qu'éclairait seule la lueur douce des étoiles.
Ossipoff ricana d'un air moqueur:
—Parbleu! dit-il, si c'est de ce côté là que vous, la cherchez, je comprends que vous ne la trouviez pas...
L'Américain ouvrit démesurément les yeux.
—By God! grommela-t-il, quelle est cette nouvelle plaisanterie, et de quel côté voulez-vous que je cherche la queue de la comète, sinon du côté opposé à celui vers lequel elle se dirige?
Peu à peu, la colère le gagnait et il s'écria en agitant les bras avec des mouvements désordonnés: