—Nous allons de l'Occident à l'Orient, donc...
Ossipoff eut un sourire de pitié, et regardant M. de Flammermont en lui désignant, d'un coup d'œil, Jonathan Farenheit:
—Vulgum pecus! murmura-t-il.
Gontran haussa les épaules d'un air de railleuse commisération.
—Ah çà! gronda le Yankee, m'expliquerez-vous?...
—Avec le plus grand plaisir, sir Jonathan; tout comme un grand nombre de vos pareils auxquels jamais ne prend fantaisie d'élever leurs regards vers l'immensité sidérale, vous croyez que la queue des comètes les suivent dans leur cours... c'est là une erreur profonde; cet appendice caudal est toujours opposé au Soleil, comme s'il était l'ombre lumineuse de la comète.
—En sorte, ajouta Fricoulet, que si la queue suit, ou à peu près, la comète lorsqu'elle est avant son périhélie, elle la précède, au contraire, après cette époque.
—En sorte, ajouta Gontran, que dans la situation occupée actuellement par la comète, par rapport au Soleil, c'est sur notre droite qu'il nous faut chercher la traînée lumineuse.
L'Américain se croisa les bras d'un air furieux.
—By God! hurla-t-il, suis-je donc aveugle que je n'aperçois rien, absolument rien?