Les deux amis quittaient sans bruit le campement.
—Nous causerons de cela en voyageant, répondit l'ingénieur; le plus urgent est de nous mettre en route.
Quelques instants après, les deux amis quittaient sans bruit le campement; tous deux avaient revêtu leur respirol; Gontran emportait la lunette marine de l'Américain; Fricoulet tenait à la main sa lampe électrique portative, dont le réflecteur projetait, à cinquante mètres en avant, un faisceau lumineux grâce auquel ils se dirigeaient comme en plein jour.
Quand les premières flèches solaires s'élancèrent par delà l'horizon, Gontran et son compagnon avaient franchi environ une soixantaine de kilomètres; devant eux, une vaste étendue d'un liquide grisâtre, étincelante comme un miroir d'argent bruni, leur barrait la route.
Gontran poussa un cri de désappointement.
—Comment faire? murmura-t-il.
Fricoulet, qui fouillait l'horizon à l'aide de sa jumelle marine, fit un brusque mouvement, demeura quelques minutes encore, immobile, penché en avant comme attiré par un spectacle du plus puissant intérêt; puis passant l'instrument à son compagnon:
—Regarde, dit-il simplement.
Au loin, sur cet océan bizarre, une masse apparaissait, flottant à la surface, et tranchant, par son aspect blanchâtre, sur le liquide sombre qui l'entourait.
On eût dit une bouée marine gigantesque sur laquelle les rayons du soleil se réfléchissaient comme en un miroir métallique.