—Parce que nul, mieux que moi, ne peut nier l'existence de cette planète enfantée par une illusion d'optique de quelques-uns et l'imagination trop ardente de certains autres.
—Cependant, dit Fricoulet toujours souriant, M. de Flammermont que voici, non seulement croit à Vulcain, mais encore, il n'y a pas vingt-quatre heures de cela, en a observé le passage sur le disque solaire.
Sharp demeura un moment bouche bée, ne sachant si l'ingénieur parlait sérieusement ou bien s'il se moquait de lui.
Enfin, il fit entendre un petit ricanement et, s'adressant directement à Gontran:
—Je voudrais, monsieur, que vous m'expliquassiez, commença-t-il...
Fricoulet lui coupa la parole.
—Les explications, dit-il, d'une voix rude, sont inutiles, la situation est celle-ci: avez-vous, oui ou non, constaté l'existence de Vulcain? si oui, M. de Flammermont vous pardonne d'avoir enlevé sa fiancée et de l'avoir abandonnée, au risque de la faire mourir de faim; en outre, nous nous engageons à vous réconcilier avec Ossipoff et Farenheit; sinon, les joujoux que voici vont débarrasser votre vilaine âme de sa vilaine enveloppe.
—Je crois à l'existence de Vulcain, s'empressa de dire Fédor Sharp, et je suis prêt à l'attester à la face de l'Univers entier.
—En ce cas, mon cher monsieur Sharp, Gontran et moi sommes vos amis, tenez votre promesse... nous tiendrons la nôtre.