Il porta les mains à sa poitrine dans un geste douloureux.

—Oh! que je souffre! soupira-t-il.

—Et rien à te mettre sous la dent, mon pauvre vieux, dit affectueusement Fricoulet... Oh! si les choses avaient marché comme l'espérait Ossipoff... mais tu as été témoin, toi-même, des difficultés qu'il a rencontrées... deux fois déjà, il a recommencé l'opération... de là le retard... mais maintenant il prétend être certain du succès.

Gontran hocha la tête.

—Si son succès tarde à venir, il arrivera trop tard, grommela-t-il.

Comme il achevait ces mots, le vieillard, dont on apercevait la silhouette courbée sur des cornues, à l'extrémité de la salle, poussa une exclamation de triomphe:

—Gontran! Fricoulet! appela-t-il.

Les deux jeunes gens accoururent et arrivèrent assez à temps pour recevoir, entre leurs bras, Mickhaïl Ossipoff, terrassé, lui aussi, par la faim et qui, avec une énergie indomptable, avait lutté cependant jusqu'au moment de la victoire.

Avec des efforts inouïs, il étendit la main vers un récipient au fond duquel s'apercevait une matière noirâtre d'aspect gélatineux.

—Là, réussit-il à balbutier; mangez... vite... vite...