—C'est que j'aurais un marché à vous proposer.

—Un marché!... Lequel?

—Pendant les vingt jours qu'a duré le voyage que je viens de faire dans l'espace, à proximité du Soleil, je me suis livré à des études approfondies sur l'astre central de l'Univers; il m'a été donné de connaître et d'expliquer bien des phénomènes qui plongent, depuis des siècles, les astronomes terrestres dans une stupéfaction profonde... ces études, ces observations, je les ai consignées, au jour le jour, sur un carnet; laissez-moi la vie sauve, pardonnez-moi, acceptez-moi comme un collaborateur dans l'excursion que vous avez entreprise et ce carnet est à vous.

—Jamais! hurla Farenheit, jamais! n'acceptez pas, monsieur Ossipoff! c'est un marché de dupe!

Le vieillard, la tête inclinée sur la poitrine, réfléchissait; enfin, il releva son visage contracté par une profonde émotion et répondit simplement:

—Fédor Sharp, au nom de la science, j'accepte!

—Mais ces notes, répliqua l'Américain, nous les trouverions après votre mort.

—Vous ne trouverez que des chiffons de papier couverts de signes absolument incompréhensibles!

—Mon enfant, demanda Ossipoff en se tournant vers Séléna, consens-tu à oublier ce que t'a fait cet homme?

—Mon père, répondit la jeune fille, si vous pardonnez, je pardonnerai!