—Et vous, monsieur de Flammermont?

Fédor Sharp! au nom de la science j'accepte.

—Je mets, à mon pardon, une condition, déclara l'ancien diplomate, c'est que M. Sharp nous dira sincèrement ce qu'il pense de la planète Vulcain.

Il se fit un silence et chacun, sauf l'Américain auquel cette question importait peu, attacha anxieusement ses regards sur Fédor Sharp.

Comme celui-ci paraissait hésiter, un petit bruit sec se fit entendre dans l'ombre: c'était Fricoulet qui armait son revolver.

Sharp tressaillit et d'une voix légèrement tremblante:

—J'ai vu, de mes yeux vu, la planète Vulcain et j'ai constaté que, suivant les pronostics de Le Verrier, elle décrit, autour de l'astre central, un orbe de 33 jours; au surplus, c'est plutôt une masse nébuleuse qu'un monde proprement dit.

Ossipoff devint pâle tout à coup et, se penchant à l'oreille de Gontran:

—Pardonnez-moi, dit-il, et oublions nos discussions; en fait d'astronomie, je ne suis qu'un enfant auprès de vous.