—Voilà précisément ce que je conteste, s'écria Fédor Sharp; il est mathématiquement impossible que la distance soit aussi minime... autrement, il faudrait que nous passions entre Mars et ses satellites.
—Pardon, répliqua Ossipoff, ce n'est pas de la planète Mars elle-même que je voulais parler, mais de son système.
L'expression furieuse du visage de Sharp disparut aussitôt.
—En ce cas, dit-il d'une voix radoucie, vous avez raison... du moment que c'est du système de Mars que vous parlez, mes calculs sont d'accord avec les vôtres.
Et, avançant la main, il serra celle que lui tendait Ossipoff.
Celui-ci ajouta:
—Heureuse inspiration que vous avez eue, mon cher Gontran, de conserver la sphère en l'immergeant avec nous; car, elle nous mettra à même de quitter la comète et d'aborder, sinon sur Mars même, du moins sur un de ses satellites.
—Je me proposais, répliqua le jeune homme, de la remplir de gaz hydrogène.
—Excellente idée; grâce à l'enveloppe métallique du ballon, il nous sera possible de conserver indéfiniment notre gaz.
—Mais, cher père, dit alors Séléna, qui écoutait depuis quelques instants, le sélénium n'est-il pas trop lourd pour le rôle que vous voulez lui faire jouer?