La jeune fille frappa des mains.
—Nous avons quitté Phobos!... quelle chance!... nous ne risquons plus de voir ces êtres épouvantables.
Puis, s'interrompant brusquement:
—C'est vrai, dit-elle à Fricoulet, vous ne pouvez comprendre, vous n'avez pas vu... Figurez-vous que nous avons abordé, non sur le sol même du satellite, mais sur une sorte de cage gigantesque dans laquelle des monstres hideux étaient enfermés.
L'ingénieur se mit à rire.
—Oui, oui, répondit-il; je sais ce que c'est, ou du moins, je le crois; si j'ai bien compris ce qui m'a été expliqué, Phobos ne serait autre chose qu'une colonie pénitentiaire, sorte de bagne céleste, où les Martiens relèguent ceux d'entre eux que leurs vices rendent d'une société dangereuse.
—Mais, ce filet, quelle est son utilité?
—D'empêcher les prisonniers de s'envoler jusqu'à la planète. Étant munis d'ailes, cela ne leur serait peut-être pas impossible.
—Alors! s'écria Séléna dont les mains se croisèrent dans un geste d'épouvante, ces monstres ailés, à l'aspect sinistre, ce sont les Martiens?