Gontran demeura silencieux un moment.
—Alors, dit-il, jusqu'à nouvel ordre, ce que j'ai de mieux à faire, c'est d'adopter la théorie de la végétation?... au cas ou Ossipoff m'interrogerait.
—Peuh!... cela n'est d'aucune importance... rappelle-toi seulement que Mars a 5,375 lieues de tour, que, comparativement au globe terrestre, sa surface est des 27 centièmes, son volume des 16 centièmes, son poids du demi-dixième, et sa densité des 69 centièmes, ce qui donne à l'intensité de la pesanteur à sa surface, le tiers de ce qu'elle est à la surface de la terre... Retiendras-tu cela?
—Je le pense... mais est-ce tout?
—Non, rappelle-toi encore ceci: que Mars tourne sur lui-même en vingt-quatre heures, trente-sept minutes, vingt-sept secondes, et autour du soleil en six cents soixante jours, ce qui lui fait une année double de la nôtre.
—Et conséquemment des saisons.
—Je t'arrête... car c'est là une des différences caractéristiques de ce monde avec le nôtre. Non seulement la durée des saisons est plus longue, mais elle est plus inégale, en raison de son orbite très allongée... ainsi, tandis que le printemps et l'été durent cent quatre-vingt-onze et cent quatre-vingt-un jours, l'automne et l'hiver ne durent que cent quarante-neuf et cent quarante-sept jours.
L'ingénieur allait sans doute continuer ses explications, lorsqu'un Martien s'approchant, lui fit signe qu'il fallait descendre dans la cabine.