Bientôt, en effet, un bruit d'ailes qui fendaient l'espace se fit entendre et Aotahâ les rejoignait.

Sans mot dire, il saisit le levier conducteur et l'hélicoptère se dirigea sur le monument désigné par Fricoulet comme étant l'Institut; une fois là, la grande hélice supérieure s'immobilisa et, soutenue seulement par les deux plus petites, l'appareil tomba perpendiculairement, comme la balle d'un fil à plomb.

Puis les voyageurs traversèrent une zone étincelante, tellement étincelante que, sous l'impression de la douleur, ils fermèrent les yeux, et sans qu'ils pussent immédiatement se rendre compte du pourquoi, ils entendirent bruire à leurs oreilles un indescriptible tumulte.

Soudain, un choc léger les fit tressauter sur leurs sièges, ils entr'ouvrirent les paupières.

L'appareil, immobile maintenant, était suspendu par sa grande hélice à la voûte d'une vaste salle, voûte transparente car, au travers, on apercevait les cieux étoilés, mais, en même temps, cette voûte réfléchissait, comme un miroir, les milliers de lumières qui étincelaient de toutes parts.

Au-dessous d'eux, une foule grouillante et gesticulante les considérait avec étonnement, poussant de brèves interjections et agitant les ailes dans des battements précipités.

—Fichtre! grommela Fricoulet, il me semble que nous faisons un certain effet.

—Oui, l'effet d'un lustre dans un théâtre, riposta l'Américain d'une voix rogue.

—C'est ma foi vrai! dit à son tour Gontran... il est seulement regrettable que nous ne soyons pas incandescents... nous ressemblerions à un faisceau de lumières Jablochkoff.

Mickhaïl Ossipoff se rengorgeait, persuadé que toute cette multitude était réunie pour l'acclamer, lui et ses compagnons...