—Eh bien! du jour ou le nombre 28 fut déclaré par Titius comme n'ayant aucune représentation céleste, il se forma une association de vingt-quatre astronomes pour fouiller l'espace et trouver ce monde qui se dérobait ainsi à la curiosité humaine.
—Et qu'ont-ils trouvé?
—Eux, rien du tout; mais un astronome de Palerme, qui observait les petites étoiles du Taureau, découvrit par hasard, précisément à cette distance de 28, un monde nouveau qu'il baptisa du nom de Cérès.
—Par hasard! s'écria Gontran... c'était bien la peine de constituer une société de vingt-quatre savants?
—Plusieurs des plus grandes découvertes dont l'humanité s'enorgueillit sont dues au hasard, mon cher Gontran, dit Mickhaïl Ossipoff qui était venu rejoindre ses compagnons.
Le jeune comte tressaillit et, se penchant vers Fricoulet:
—Ne m'abandonne pas surtout, lui souffla-t-il à l'oreille.
—Du reste, poursuivit le vieillard, si la première fut découverte fortuitement, il n'en a pas été de même pour les suivantes qui, toutes, sont dues à des études persévérantes, à des recherches opiniâtres.
—Il y a, dit à son tour Fricoulet, des astronomes qui se sont fait pour ainsi dire une spécialité des petites planètes. Palisa en a découvert 40, un de vos compatriotes, sir Jonathan—Peters—en a découvert 34, nous en devons 14 à Prosper Henry, de l'Observatoire de Paris; 14 également à un peintre allemand, Goldschmidt...