Gontran tressaillit et regarda l'ingénieur qui lui fit signe que le vieillard avait raison.
Heureusement, un vol de Martiens vint s'abattre dans l'observatoire, suivi bientôt d'un autre, puis d'un autre encore qui, se mettant les uns à la suite des autres formèrent en quelques instants, une longue théorie, semblables au ruban humain qui se déroule, le soir, à la porte de nos théâtres.
Chose singulière que Séléna fut la première à remarquer, les enfants étaient en grande majorité.
—Sans doute y a-t-il matinée à un Robert-Houdin ou à un Cirque d'Hiver quelconque, dit plaisamment M. de Flammermont.
—Le meilleur moyen de savoir à quoi vous en tenir, proposa Fricoulet, est de suivre ces gens-là... du moment que nous sommes sur un monde ou la curiosité est le mobile de toutes les actions, ils ne peuvent pas nous en vouloir d'être curieux.
Ce conseil fut jugé bon et, sans tarder, les Terriens prirent la file.
Après une attente qui ne fut pas longue—les Martiens mettant à toutes leurs actions une rapidité inouïe,—nos voyageurs arrivèrent à une porte qu'ils franchirent à la suite de ceux qui les précédaient et ils se trouvèrent aussitôt enveloppés d'ombres épaisses, tellement épaisses qu'ils ne purent distinguer non seulement en quel endroit ils se trouvaient, mais encore s'ils étaient seuls ou non.
Tout à coup, sans qu'ils eussent bougé de place, il leur sembla qu'ils étaient transportés dans l'espace, sous le dôme céleste constellé de mille étoiles parmi lesquelles étincelaient des constellations et des planètes parfaitement reconnaissables.
Puis, un de ces astres qui n'avait paru jusqu'alors que comme un point lumineux, grossit, accourant au devant des spectateurs avec une rapidité vertigineuse, pour se transformer comme par miracle en une sphère énorme, gigantesque qui bientôt eut envahi le ciel tout entier.