Gontran, auquel Fricoulet détaillait minutieusement toutes les pièces de cet étrange véhicule, lui murmura à l'oreille:
—Cette sphère tournera sur elle-même!
—Assurément, une balle ne tourne-t-elle pas, au sortir de l'engin qui la lance?
Puis amenant le jeune comte à l'écart:
—Inutile de te demander, n'est-ce pas, si tu sais ce que William Crookes, le grand savant anglais, entendait par le bombardement atomique.
—Inutile, en effet, de me le demander, répondit en souriant M. de Flammermont, car tu es convaincu que je n'en sais pas un mot.
—Donc, poursuivit Fricoulet, la matière est à l'état de mouvement éternel, formidable; plus la matière est dissociée et plus ce mouvement est libéré des entraves de la cohésion; or, en emmagasinant dans la sphère les millions de vibrations produites par cette rondelle téléphonique, on met en mouvement les molécules de l'air qui agissent sur les parois de la sphère, comme le pourraient faire des milliers de petits doigts, et lui impriment une vitesse incalculable. As-tu compris?
Gontran hocha la tête.
—Si tu veux que je sois franc, dit-il, je te répondrai que j'ai peu compris, mais le principal, c'est que tu sois certain que cette machine-là peut fonctionner.