—Et comment veux-tu qu'il en soit autrement, répliqua l'ingénieur, regarde-moi ce téléphone transmetteur, dont la rondelle n'a pas moins de trois mètres de diamètre, et ces électro-aimants formidables qui doivent la faire vibrer, et cette batterie voltaïque.
Cependant, tout en écoutant silencieusement les explications de son ami, M. de Flammermont paraissait soucieux.
—À quoi penses-tu donc? lui demanda tout à coup Fricoulet.
—Mon Dieu, répliqua le jeune comte, tu vas rire de moi, sans doute, mais il me vient une crainte.
—Laquelle?
—C'est que, à une certaine distance du sol lunaire, les ondes vibrantes n'aient plus assez de force pour nous entraîner en avant.
L'ingénieur fronça les sourcils.
—Parbleu! dit-il, il se pourrait bien que cela arrivât.
Puis, s'adressant à Ossipoff:
—M. de Flammermont pense que notre force motrice ne sera pas suffisante pour nous amener jusqu'au terme du voyage.