Voilà ce que s'était demandé tout d'abord M. de Flammermont.

Et puis, il y avait ce diable de siècle qu'il leur faudrait faire bénir à leur arrivée sur la terre.

Il est vrai qu'ils étaient deux pour le porter, ce siècle; mais, enfin, ce n'en était pas moins ridicule, et le ridicule tue, même l'amour.

Séléna, dont le cœur ne raisonnait pas, s'apercevait bien du changement survenu chez son fiancé, changement qui allait, chaque jour, s'accentuant et dont elle n'expliquait pas la cause.

Cette fois-ci, l'attitude de Gontran n'était plus la même, ce n'était pas de la tristesse, c'était une sorte d'indifférence, de détachement.

La pauvre enfant avait trop de dignité pour demander une explication, pour faire entendre une plainte; mais quand elle était seule, elle pleurait et maintenant elle avait constamment les paupières gonflées et rougies.

Seul de toute la bande, Fricoulet conservait son inaltérable bonne humeur; en dehors de la grande dose de philosophie qui lui démontrait l'inutilité de se mettre en fureur contre la fatalité, il n'avait point les mêmes raisons que Farenheit et Gontran de pester contre les événements.

Rien ne le rappelait sur la Terre; il n'avait pas, comme l'Américain, des actionnaires auxquels il lui fallait rendre des comptes, ni comme Gontran, un bonheur sur lequel il avait hâte d'appeler les bénédictions d'un maire et d'un curé.

En outre, son propriétaire, un homme grincheux, avare et à cheval sur la question du terme, devait avoir, depuis longtemps, vendu son pauvre mobilier du boulevard Montparnasse.