—Mais pour vivre, il faut respirer, et un morceau de roche tel que celui-là doit manquer totalement d'atmosphère.

—Totalement! non, mais il doit y en avoir fort peu, aussi, s'il s'aventure hors de l'obus, ne peut-il le faire que casqué d'un respirol.

—Par exemple, dit Séléna, une chose à laquelle je ne pourrais m'habituer, c'est à la courte durée des jours et des nuits.

—En effet, leur durée est à peu près dix fois moindre de celle qu'elle est sur Terre, mais, s'il veut se donner le luxe des nuits et des jours terrestres, rien n'est plus facile à Sharp.

—Ah bah! et de quelle façon?

—En habitant près du pôle, et en se déplaçant au fur et à mesure que la rotation s'accomplit; il a même ce grand avantage de pouvoir régler, à sa fantaisie, la longueur de ses jours et de ses nuits.

Pendant cet entretien, Ossipoff avait gardé le plus profond silence.

—Eh bien! lui demanda tout à coup Gontran, apercevez-vous quelque vestige humain?

Le vieillard secoua négativement la tête.