Mais non, l'instinct de la conservation, soutenu par une indomptable énergie, triomphe.
L'être rampe de nouveau—oh! lentement, bien lentement; le soleil, maintenant, a décrit dans l'espace sa course presque entière, son disque touche presque à l'horizon et, dans quelques minutes, la nuit va demeurer seule maîtresse du mondicule.
Dix mètres encore séparent l'être de l'obus dont le rayonnement s'est éteint et dont les contours s'estompent déjà dans les brouillards du soir.
L'être râle, il se tord dans d'épouvantables convulsions, il pousse des gémissements désespérés, mais il avance, il avance toujours—la mort le tient déjà—il avance encore.
Enfin, il touche à l'obus, ses doigts, dans une convulsion suprême, se crispent sur le levier qui commande au «trou d'homme» qui sert d'entrée.
Le trou d'homme s'entr'ouvre, d'un élan désespéré, l'être se précipite à l'intérieur et, d'un coup de pied violent, referme la porte.
Il est là sur le plancher, agonisant, terrassé par l'asphysie; il retrouve, dans son indomptable volonté, la force suffisante pour dévisser, de ses doigts tremblants, le casque de cuir qui emprisonne sa tête.
Le casque roule à terre et la tête de Sharp apparaît, pâle, d'une pâleur mortelle, les yeux sanguinolants et hors de la tête, mais aspirant par ses lèvres violettes déjà, le bienfaisant oxygène dont est plein l'obus.
Cette fois encore, le Terrien l'emporte; la mort est vaincue.