Vivre assez pour mettre la main sur Ossipoff!

Vivre assez pour revenir sur Terre et être, ne fût-ce que durant quelques heures, l'objet de l'admiration de ses contemporains.

Il se coucha et s'endormit profondément, l'esprit aussi calme, aussi dispos que s'il eût été dans le petit appartement qu'il occupait sous les combles, à l'institut de Saint-Pétersbourg.

Quand il se réveilla, le lendemain, sa première pensée fut pour cette question d'air qui était, pour lui, une question de vie ou de mort, et qui l'avait tourmenté pendant son sommeil.

Il se munit d'éprouvettes dans lesquelles il avait fait le vide, endossa son respirole, et descendit la colline mercurienne.

Arrivé sur le sol même de la comète, il s'agenouilla, déboucha l'une des éprouvettes et la reboucha aussitôt; puis, se relevant, il fit la même opération, et ainsi cinq fois de suite, en gravissant la croupe de la colline, à différentes hauteurs.

Après quoi, regagnant l'obus, il s'enferma dans le laboratoire et analysa, avec le plus grand soin, les échantillons d'air récoltés par lui; il constata alors, comme l'avait fait Ossipoff, avant lui, qu'il régnait au niveau du sol cométaire, et jusqu'à une hauteur de quatre à cinq mètres, une couche dense de gaz acide carbonique irrespirable; au-dessus de cinq mètres, l'oxygène pur, plus léger, surnageait.

Il s'agissait donc d'emmagasiner cet oxygène pur, de façon à pouvoir s'en faire une réserve et constituer une atmosphère artificielle.