Pendant qu'il examinait l'espace, voilà qu'il aperçut comme une pluie de corpuscules qui tombait sur Jupiter et tout de suite il songea que c'étaient peut-être des fragments cométaires qu'attirait la planète.

Il se livra alors, sur plusieurs de ces astéroïdes, à des observations spectrales qui le convainquirent de la justesse de ses pressentiments.

Oui, ces atomes infinis qu'il avait là devant les yeux étaient bien des fragments de la comète de Tuttle.

Mais alors, la comète elle-même, qu'était-elle devenue?

Brisée, pulvérisée, anéantie sans doute.

Et l'épave qui le portait, cette épave d'une lieue de tour, sans force attractive sensible et qui pirouettait sur elle-même avec une extraordinaire rapidité, quel allait être son sort?

Elle s'éloignait de Jupiter, ainsi que le démontrait le micromètre; mais où allait-elle être jetée, quel chemin allait-elle suivre?

Plusieurs jours se passèrent,—et pour l'habitant de l'obus, le jour comptait seulement deux heures—pendant lesquels Sharp vécut en proie à une angoisse terrible.

S'il n'eût été d'une nature lâche et pusillanime, il eût renoncé à cette existence, pleine d'incertitudes et de périls, où la mort, une mort effroyable, le menaçait à tous moments.