—Et c'est cela que les astronomes appellent le «trou à charbon», murmura enfin Gontran... je ne reconnais plus leur vocabulaire habituel... si plein de poésie.

Il y avait dans ces mots un accent de moquerie que Fricoulet surprit fort bien et auquel, d'ailleurs, il fut le premier à s'associer.

—Monsieur Fricoulet?

C'était Séléna qui appelait à mi-voix et l'ingénieur qui s'était avancé jusqu'au seuil de la machinerie, vit, en levant les yeux, le charmant visage de la jeune fille qui s'encadrait en haut, dans la cage de l'escalier.

—Monsieur Fricoulet, demanda-t-elle avec un gentil sourire, je voudrais vous demander un petit service.

—À votre disposition, mademoiselle, s'exclama l'ingénieur en se précipitant et en escaladant les marches.

Gontran se mit à le suivre, grommelant entre ses dents, dépité, et—disons-le—quelque peu jaloux de voir que sa fiancée, ayant besoin d'un service, s'adressait à un autre qu'à lui...

Il arriva presque en même temps que Fricoulet dans la cabine d'Ossipoff, et la première chose qu'il vit fut le vieillard étendu sur son hamac et dormant à poings fermés; auprès du télescope, Séléna et l'ingénieur causaient devant une petite table sur laquelle se trouvaient différents objets dont la forme était inconnue de Gontran et dont l'usage, par conséquent, lui échappait.

—Figurez-vous, disait Séléna, dont le visage était coloré d'une légère rougeur, que pour les observations, je m'y reconnaîtrai bien; mais voilà que je ne me rappelle plus comment cela se monte...

Et, remarquant à l'expression des traits de M. de Flammermont qu'il n'était pas content, elle ajouta: