Puis, ce fut l'écorce terrestre qui, desséchée, se mit à absorber, à son tour, toutes traces d'humidité existant non seulement à sa surface, mais encore dans l'espace; alors, les eaux se combinèrent chimiquement avec les roches et l'absorption continua au fur et à mesure qu'augmentait le refroidissement.
Peu à peu, l'azote, l'oxygène, la vapeur d'eau s'absorbaient, eux aussi, et, bientôt, le sol se trouva exposé, sans protection, au froid glacial des espaces, à 273 degrés au-dessous de zéro.
Alors, la mort qui, jusqu'à ce moment, s'était contentée de faucher largement à travers l'humanité, couvrit de ses larges ailes la surface entière de la planète et la vie cessa.
Un seul être était vivant, non sur le sol même, mais dans l'espace où son esprit planait: cet être, c'était Ossipoff.
Dès que la dernière âme humaine se fut éteinte, une transformation totale s'opéra sur la terre; ce n'était rien que cette âme, ou du moins presque rien: l'âme d'un petit enfant nouveau-né et que la mort venait de glacer sur le sein de sa mère morte et, cependant, aussi longtemps que, dans ce corps minuscule, le cœur avait battu, il avait semblé que la vie ne se fût pas encore retirée de la planète.
C'était à peine si, en prêtant l'oreille, on aurait pu entendre le souffle léger qui sortait des lèvres violacées et, pourtant, il paraissait que cette manifestation de vie était suffisante à donner le change sur l'existence même de ce monde agonisant.
Mais, quand se fut tu, dans cette poitrine d'enfant, le dernier battement du cœur, un silence effrayant régna soudain à la surface du sol et dans l'espace.
La Terre était morte!
Ossipoff se sentit aussitôt envahi par un froid mortel, le froid qui rayonnait de sa planète natale, un froid qui lui gelait le sang dans les veines et qui faisait craquer sa peau, instantanément parcheminée, comme si c'eût été une écorce d'arbre frappé par la gelée.