—Oui... oui... vous devez avoir raison, Farenheit,... mais la soute est vide...

Alors, un ruisseau de larmes jaillit de ses yeux.

—Ah! ma fille... mes amis... combien je suis coupable!... pardon, pardon, de vous avoir jetés dans cette folle aventure... Les étoiles!... c'était trop loin... et nous voici condamnés à mourir de faim.

Comme il achevait ces mots, un vacarme se fit entendre du côté de la porte qui finit par s'ouvrir sous une pression violente, livrant passage à la foule des braves gens qui, tout à l'heure, examinaient du dehors les voyageurs...

Sous la conduite de l'aubergiste, ils revenaient chargés de provisions: l'un portait sur sa tête un panier de raisin, l'autre tenait dans ses bras des bouteilles de vin; celui-ci c'était un gigot dont il faisait hommage; celui-là, plus pauvre, avait partagé en deux le pain destiné à sa famille...

Devant les voyageurs ahuris, ils défilèrent ainsi, poussant des hourras et déposant sur le plancher leurs cadeaux qui finirent par former un amoncellement de victuailles, faisant comme un rempart.

À chacun des manifestants, chacun des voyageurs dut serrer la main et quand le dernier fut sorti, seul l'aubergiste demeura pour dresser la table...

—Ah! bien! disait-il tout en plaçant les assiettes, ça en fait un bruit, votre aventure... C'est-à-dire que je m'en vais faire des affaires d'or avec vous!... on parle d'organiser des trains de plaisir jusqu'ici... et comme mon auberge est la seule du pays...

Il s'exprimait en portugais et comme Gontran avait été durant quelques mois—lorsqu'il appartenait à la diplomatie—attaché à la légation française à Lisbonne, il demanda: