Farenheit avait accaparé, lui, toutes les feuilles anglaises et américaines, laissant à Gontran le soin de parcourir les journaux espagnols et italiens; quant à Ossipoff, il écoutait d'une oreille distraite Séléna qui lui lisait à mi-voix une revue scientifique russe.

—Parbleu! s'exclama tout à coup Fricoulet en appliquant sur la table un coup de poing formidable, je m'explique maintenant.

Chacun interrompit sa lecture et dressa le nez vers l'ingénieur.

—Vous vous expliquez... quoi? interrogea Farenheit.

Séléna, dit Gontran à mi-voix, il faut que je vous parle (p. 383).

—Comment nous sommes ici... alors que, logiquement, mathématiquement, scientifiquement, nous devrions être à des milliards de lieues de la terre.

À ces mots, une étincelle s'alluma dans l'œil atone d'Ossipoff et il lui sembla qu'un regard de vie s'animait en lui.

Gontran, frappé par cette observation, s'écria à son tour:

—C'est juste!... et puis, par quel miracle ne nous sommes-nous pas volatilisés dans la nébuleuse de l'Écu de Sobieski?...