Cette fois, Gontran parut réellement accablé, car il avait une foi absolue dans l'ingéniosité de Fricoulet qui, tant de fois déjà depuis le commencement de ce voyage insensé, les avait tirés des situations désespérées où les avait mis les idées folles d'Ossipoff.

Aussi, du moment que l'ingénieur lui déclarait qu'il ne pouvait rien, c'est qu'il n'y avait plus qu'une chose à faire: attendre stoïquement la mort.

Il sortit de la machinerie sans ajouter un mot, gagna sa cabine et s'étendit sur son hamac, où il ne tarda pas à s'endormir, en dépit de l'angoisse fort naturelle qu'avait mise en lui la réponse très franche de son ami.

Il s'éveilla en entendant prononcer son nom tout près de son oreille, et ses yeux, soudainement ouverts, virent Fricoulet debout à son chevet et penché vers lui.

—Eh bien! tu t'en payes un somme! plaisanta l'ingénieur.

—J'ai dormi longtemps? interrogea M. de Flammermont en se dressant sur son séant.

—Peuh! quelque chose comme six heures.

—Pas possible! s'écria Gontran en sautant sur le plancher.

Pour toute réponse, l'ingénieur tira sa montre et la mit sous le nez de son ami.

—C'est ma foi vrai, murmura celui-ci.