—Mais si, très clair: n'as-tu jamais, étant en wagon, mis ton nez à la portière.
—Cette question!
—Alors, tu as dû remarquer qu'en regardant les poteaux télégraphiques posés le long de la voie, ces poteaux semblent accourir au devant du train avec une vitesse d'autant plus grande que le train est plus rapide!
—Parfaitement juste.
—Eh bien! il en est de même—prétendent certains astronomes—pour le mouvement dont paraissent animées les étoiles: notre système solaire est emporté à travers l'infini suivant une ligne déterminée et avec une vitesse que l'on est parvenu à établir; or, les mondes stellaires vers lesquels court notre Soleil, semblent, au contraire, se précipiter au devant de lui, s'écartant les uns des autres au fur et a mesure qu'il avance, tandis que le phénomène contraire se produit pour ceux qu'il a dépassés: de là, cette sorte de courant qui semble emporter les étoiles, du point d'arrivée vers le point de départ du Soleil... As-tu compris, maintenant?
—C'est fort simple.
—Seulement, cette théorie de l'apparence de mouvement des étoiles n'est pas admise par tout le monde et a même soulevé des discussions passionnées: or... d'après les quelques paroles qu'a prononcées Ossipoff tout à l'heure, je vois qu'il n'a pas d'idées bien arrêtées là-dessus...
Il y eut un silence au bout duquel l'ingénieur ajouta:
—Tu pourrais, je pense, aller proposer à Ossipoff de te céder le quart!...