Littéralement ahuri, le vieux savant écoutait, sans bien comprendre, tandis que l'ingénieur clignait malicieusement de l'œil vers son ami, d'un air qui voulait dire: «À toi, maintenant... et hardiment».

Gontran comprit et, avec une mauvaise humeur parfaitement jouée:

—Franchement, mon cher père, me nierez-vous que ce qui vous arrive ne soit une preuve de plus à l'appui de mon raisonnement?... Comment! vous voilà, vous, un des princes de l'astronomie moderne, dont la vie, tout entière, sans un instant d'interruption, a été consacrée à l'étude des astres, vous voilà arrivé pour ainsi dire aux confins de la vie, et tout aussi embarrassé, en ce moment, qu'un enfant, qui n'aurait approché son œil d'un télescope!...

Une furtive rougeur empourpra le visage d'Ossipoff qui balbutia:

En même temps, elle lui quittait le bras et agitant des étoffes... (p. 94).

—Gontran... vous m'aviez promis...

—Bast! riposta le jeune homme, en haussant les épaules, étant donné ce que vient de vous répondre Fricoulet, ne pensez-vous pas qu'il sache aussi bien que vous et moi l'impossibilité matérielle dans laquelle vous vous trouvez de reconnaître l'état du ciel!... en dehors du mouvement propre aux astres qui les déplace, en dehors du balancement de la Terre sur son axe, qui vous dit que la Croix-du-Sud ou du moins les mondes qui la composent ne sont pas allés, depuis longtemps, rejoindre les vieilles lunes...

—Oh! s'exclama Ossipoff, estomaqué par une théorie si audacieuse; il y a trois ans encore, je l'apercevais de l'observatoire de Pulkowa.....