Et comme le jeune homme, dominé, lui obéissait, se tournant alors vers Pascal:
—Vous avez raison, Monsieur, et réparation vous est due. C'est à cause de moi que vous avez été offensé... C'est à moi de m'en excuser... Veuillez donc me pardonner.
Le fils de Carvajan la vit s'incliner devant lui, il essaya de parler, ses lèvres remuèrent sans articuler aucun son et, chancelant, plus écrasé par la fière humilité d'Antoinette qu'il ne l'avait été par l'insolence de Robert, à pas lents, il s'éloigna.
—Où vas-tu? lui dit son père l'arrêtant à la porte du bal. Rappelle-toi ce que tu disais à l'instant. Veux-tu avoir l'air de fuir?
—Ah! que m'importe? s'écria le jeune homme en continuant à marcher du côté de l'obscurité, comme s'il eût voulu y cacher son désespoir.
—Ne veux-tu pas te venger? reprit Carvajan, en arrivant sur la route. Dis un mot, et je mets tous ceux qui t'ont bravé à ta merci.
—Jamais!
—Que prétends-tu donc faire?
—M'éloigner. Quitter pour toujours, cette fois, ce pays où je ne trouve que des soucis et des amertumes... M'en aller loin des luttes, des débats, des embûches et des perfidies... Oublier tout, jusqu'au nom que vous m'avez rendu si lourd à porter.
—Pascal!