—Ah! il est vrai qu'il a fait bien des sottises! Il se modèle comme à plaisir sur les plus mauvais sujets. Et cependant il connaît des jeunes gens parfaits, comme le cher Templier....
Emmeline eut un geste de mécontentement:
—Laissez-là les comparaisons.... Le baron a ses défauts, tout comme les autres....
Il dit naïvement, en regardant sa femme d'un air de reproche?
—Ma foi! vous êtes sévère! Je ne lui en connais pas. Il est rangé, sobre, poli....
—C'est entendu! Il a toutes les qualités! C'est votre ami!
—Allez-vous le prendre en grippe? Je ne puis plus parler de lui sans que vous l'attaquiez! Ne m'avez-vous pas reproché l'autre jour de me montrer trop souvent en public avec lui? Pourquoi, je vous le demande? Ce garçon m'agrée. Il a tous mes goûts, toutes mes manières de voir. Nous ne sommes jamais en désaccord sur rien. J'ai un plaisir extrême à me trouver en sa compagnie. Êtes-vous jalouse de notre intimité?
—Ah! voilà autre chose, maintenant! Eh! faites-en ce qui vous plaira, mais si l'on se moque de vous parce que vous frayez avec des gens qui ne sont pas de votre âge, vous saurez que je vous en avais prévenu.
—Se moque qui voudra! Raymond m'est agréable. Il se plaît avec moi. C'est un compagnon charmant. Que n'ai-je un fils comme lui! Mais il m'a déjà donné à moi d'excellents conseils, il en donnera aussi à Christian.... Je le lui demanderai....
—Riante perspective! Voilà un garçon qui ne se doute pas de son bonheur!