—Je me conformerai à ton désir. Mais, moi, qu'est-ce qu'il faudra que je fasse? consulta-t-il avec déférence.
—Toi, cher papa, tu vas aller demander à M. Vernier-Mareuil de t'autoriser à causer avec le médecin de la famille....
—Et si ce médecin se retranche, comme c'est l'usage, derrière le secret professionnel?
—Alors tu sauras à quoi t'en tenir sur la santé de M. Christian. Et cela suffira.
—Comme tu vas! Comme tu vas! Mais qui t'a donc donné toutes ces idées?
—C'est toi! Je t'ai entendu vingt fois te répandre en violentes critiques sur le compte des parents qui ne prennent pas les informations les plus minutieuses quand ils marient leurs filles. Alors je te demande d'être aussi exigeant pour la tienne que tu jugeais nécessaire qu'on le fût pour celles des autres.
—C'est convenu! Mais tu me promets de ne pas mettre de parti pris dans ton jugement? Tu me parais bien mal disposée.
Geneviève sourit. Elle embrassa son père avec tendresse:
—Ne crains rien. Et même, si je n'étais qu'à demi rassurée, je me déciderais sans doute, pour ne pas te faire de la peine.
—Oh! que tu es gentille!