Geneviève fixa sur le vieux médecin ses yeux perspicaces:

—M. Christian avait abordé très loyalement son examen de conscience avec moi, hier, sans que je me rendisse bien compte des raisons auxquelles il obéissait. Je comprends maintenant qu'il voulait me préparer à recevoir sur sa conduite des révélations fâcheuses. C'est bien cela n'est-ce pas?

Augagne baissa la tête en silence.

—Eh bien! poursuivit la jeune fille, cette manière de faire n'était pas d'un homme sans esprit et sans cœur. Car, en admettant que ce que j'apprendrais me parût inacceptable, M. Christian risquait une rupture sans recours. Il n'a pas hésité pourtant.

—Non. Et je dois constater que, sous l'influence des sentiments que vous lui avez inspirés, dit le docteur, il s'est amélioré sensiblement et paraît vouloir continuer. Mais le pourra-t-il? Oh! ce serait admirable!

—De quels vices doit-il donc se corriger? demanda Geneviève avec inquiétude.

—D'un seul! Mais le plus terrible de tous!

La jeune fille et le médecin se regardèrent, l'un hésitant à parler, l'autre à interroger, comme si la révélation à faire et à entendre leur eût paru trop pénible. Cependant, ce fut encore Geneviève qui prouva son énergie en disant:

—Allons, pas de détours, ni d'atténuations. Quel est ce vice?

—L'ivrognerie!