2 — Devoir punir son fils condamné aux termes de la loi que le père édicta pour tous : — L’Inflexible (M. Parodi, 1884).
3 — Devoir frapper son fils cru coupable : — Le Régiment (M. Mary, 1890), l’As de Trèfle (M. Decourcelle, 1883). Se rapproche de la XXXIIIe (Erreur judiciaire).
4 — Devoir frapper, à la suite d’un serment tyrannicide, son père jusque-là inconnu. Ce serment imprudent nous mène un moment auprès de la XXIIIe (Sacrifier les siens) et de la XVIIe (Imprudence), et dans un autre moment l’acte de « frapper un parent inconnu » évoque aussi la XIXe : — Severo Torelli (M. Coppée, 1883).
5 — Devoir punir son frère assassin : — Casse-Museau (M. Marot, 1881). De cette Situation, le parent justicier n’échappe un instant que pour tomber en D 3 ; il revient donc, résigné, en D 5.
XXVIIIe SITUATION
Amours empêchées
(1er Amant — 2e Amant — l’Obstacle)
A 1 — Mariage empêché par inégalité de rangs : — Nitétis et le Héros chinois de Métastase, Le Prince Soleil (M. Vasseur, 1889). Donnée philosopho-sentimentale d’une quantité d’œuvres du XVIIIe siècle (Nanine, etc.), dans lesquelles invariablement un seigneur s’éprend d’une vilaine. Chez George Sand, au contraire, ce ne sont que dames férues de leurs inférieurs : littérature qui occasionna du moins beaucoup de galantes aventures aux « larbins » de notre siècle. L’adjonction d’un petit obstacle de plus, — le lien conjugal, — fournit prétexte à l’intrigue réelle de Ruy Blas.
2 — Mariage empêché par inégalité de fortunes : — Myrtille (1885) et un peu l’Ami Fritz d’Erckmann-Chatrian, l’Abbé Constantin (M. Halévy, 1887), même l’action du Rêve (de Zola, par Bruneau, 1890) et du roman « Le Bonheur des Dames », — pour ne citer que les ouvrages estimables et pour taire la foule de livrets-Scribe et d’Histoires de Jeunes Hommes pauvres, Dames Blanches, etc., où de vertigineuses additions et soustractions bruissent aux oreilles, jusqu’à la multiplication inattendue, dea ex machina, qui égalise soudain les deux termes du problème, les deux fortunes en scène, dans le plus admirable et symétrique alignement de zéros parallèles, — précédés, ô bonheur ! ô ivresse ! d’un côté comme de l’autre, par deux chiffres identiques !
Il faut bien reconnaître que ces inégalités sociales et conventionnelles sont de puérils détails et que, si nos amoureux ont un peu de cœur et de sincérité, ils en triompheront sans peine : il leur suffira de laisser là titres et écus et d’aller, dans un pays neuf et sous d’autres noms, recommencer, d’un courageux et commun accord, leurs destinées. Si, au lieu de pareilles bagatelles, on nous avait seulement décrit une fois ces obstacles autrement sérieux de l’inégalité des âges, des forces, des goûts, dont les exemples sont en même temps beaucoup plus communs !
Ils le sont même tellement qu’on en pourrait établir une théorie : le premier amour, le premier tiers de la vie amoureuse (20 ans), cherchant pour objet l’égalité du rang et la supériorité de l’âge (c’est un fait reconnu de ceux qui ont étudié le cas des filles-mères) ; le deuxième amour et, en général, la deuxième période de la vie amoureuse (30 ans), s’adressant, l’audace étant accrue, à des supérieurs en rang, mais égaux par l’âge ; et enfin, le troisième amour, et, d’une façon plus générale, la troisième période de la vie sentimentale, allant de préférence à des inférieurs sociaux moins âgés. Rien n’empêche, naturellement, de subdiviser.