Il y a des chansons de causes célèbres qui offrent un intérêt moins romanesque, mais souvent plein de terreur et d'énergie. Imaginez un homme qui revient de la chasse et qui répond à un autre qui l'interroge:
«J'ai tant tué de petits lapins blancs,—Que mes souliers sont pleins de sang.—T'en as menti, faux traître!—Je te ferai connaître.—Je vois, je vois à tes pâles couleurs—Que tu viens de tuer ma sœur!»
Quelle poésie sombre en ces lignes qui sont à peine des vers! Dans une autre, un déserteur rencontre la maréchaussée, cette terrible Némésis au chapeau bordé d'argent.
On lui a demandé:—«Où est votre congé?—Le congé que j'ai pris, il est sous mes souliers.»
Il y a toujours une amante éplorée mêlée à ces tristes récits.
La belle s'en va trouver son capitaine,—Son colonel et aussi son sergent...
Le refrain est une mauvaise phrase latine, sur un ton de plain-chant, qui prédit suffisamment le sort du malheureux soldat.
Quoi de plus charmant que la chanson de Biron, si regretté dans ces contrées:
Quand Biron voulut danser,—Quand Biron voulut danser,—Ses souliers fit apporter,—Ses souliers fit apporter;—Sa chemise—De Venise,—Son pourpoint—Fait au point,—Son chapeau tout rond.—Vous danserez, Biron!
Nous avons cité deux vers de la suivante: