[1] Salomon, fils de David.
II—BALKIS
—Plusieurs siècles avant la captivité des Hébreux en Égypte, Saba, l'illustre descendant d'Abraham et de Kétura, vint s'établir dans les heureuses contrées que nous appelons l'Iémen, où il fonda une cité qui d'abord a porté son nom, et que l'on connaît aujourd'hui sous le nom de Mahreb. Saba avait un frère nommé Iarab, qui légua son nom à la pierreuse Arabie. Ses descendants transportent çà et là leurs tentes, tandis que la postérité de Saba continue de régner sur l'Iémen, riche empire qui obéit maintenant aux lois de la reine Balkis, héritière directe de Saba, de Jochtan, du patriarche Héber, ... dont le père eut pour trisaïeul Sem, père commun des Hébreux et des Arabes.
—Tu préludes comme un livre égyptien, interrompit l'impatient Adoniram, et tu poursuis sur le ton monotone de Moussa-Ben-Amran (Moïse), le prolixe libérateur de la race de Iacoub. Les hommes à paroles succèdent aux gens d'action.
—Comme les donneurs de maximes aux poëtes sacrés. En un mot, maître, la reine du Midi, la princesse d'Iémen, la divine Balkis, venant visiter la sagesse du seigneur Soliman, et admirer les merveilles de nos mains, entre aujourd'hui même à Solime. Nos ouvriers ont couru à sa rencontre à la suite du roi, les campagnes sont jonchées de monde et les ateliers sont vides. J'ai couru des premiers, j'ai vu le cortége, et je suis rentré près de toi.
—Annoncez-leur des maîtres, ils voleront à leurs pieds.... Désœuvrement, servitude....
—Curiosité, surtout, et vous le comprendriez, si.... Les étoiles du ciel sont moins nombreuses que les guerriers qui suivent la reine. Derrière elle apparaissent soixante éléphants blancs chargés de tours où brillent l'or et la soie: mille Sabéens à la peau dorée par le soleil s'avancent, conduisant des chameaux qui ploient les genoux sous le poids des bagages et des présents de la princesse. Puis surviennent les Abyssiniens, armés à la légère, et dont le teint vermeil ressemble au cuivre battu. Une nuée d'Éthiopiens noirs comme l'ébène circulent çà et là, conduisant les chevaux et les chariots, obéissant à tous et veillant à tout. Puis.... Mais à quoi bon ce récit? Vous ne daignez pas l'écouter.