[254] V. plus loin notre reproduction du cachet de Childéric Ier.

[255] S. Avitus, Epist., 46 (41), éd. Peiper: sub casside crinis nutritus.

[256] Liber historiæ, c. 41.

[257] Agathias, I, 3 (Bonn).

[258] Grégoire de Tours, VIII, 10.

[259] Théophane, Chronographie, p. 619 (Bonn); Eginhard, Vita Karoli, c. 1.

Les Romains ne comprenaient pas la poésie de ce symbolisme germanique: ils virent avec étonnement se promener dans leurs rues l'adolescent chevelu qui vint demander l'appui des empereurs dans une querelle domestique[260], et plus tard, lorsque les Mérovingiens eurent cessé d'être redoutables, ils se moquèrent de leur crinière royale en prétendant que le signe distinctif des rois francs, c'étaient des soies de porc qui leur poussaient dans la nuque[261]. Il y avait dans cette opposition des points de vue la profonde différence qui sépare les civilisés des barbares, les sociétés vieillies des peuples restés à l'état primitif. Pour ces derniers, l'homme qui marchait à la tête des autres devait les dépasser en beauté et en force: ils ne voulaient pas que celui qui les conduisait à la guerre, et sur qui se portaient les regards des amis et des ennemis, fût bâti de manière à ne pas leur faire honneur. Or l'intégrité de la crinière était, chez les Francs, une des marques extérieures qui distinguaient le roi; il ne pouvait pas la perdre sans perdre par là même son droit de régner. Tondre un roi équivalait par conséquent à le déposer. Il est vrai que la nature réparait bientôt l'œuvre de l'homme; tel était déposé aujourd'hui qui se flattait de reprendre possession du trône[262]; mais une tonsure perpétuelle équivalait à une déposition définitive, et dans ce sens une reine-mère s'écriait en parlant de ses petits-fils: «J'aime mieux les voir morts que tondus[263]

[260] Priscus, Fragmenta, VIII, p. 152 (Bonn).

[261] Ἐλέγοντο δέ ἐκ τοῦ γένους ἐκείνου καταγόμενοι κριστάται, ὁ ἑρμηνεύεται τριχοραχάται. τρίχας γὰρ εἶχον κατά τῆς ῤάχης ἐκφυομένας ὡς χοῖροι. Théophane, l. c.

[262] Grégoire de Tours, II, 41.