Cette lettre, seul document authentique émané de Clovis qui soit arrivé jusqu'à nous, se trouve déjà dans des manuscrits du sixième et du septième siècle, en tête des canons du concile d'Orléans, en 511, et pour cette raison on s'est persuadé qu'elle était adressée aux Pères de ce concile. Cependant rien dans son texte ne permet de le croire, et tout prouve qu'elle a la valeur d'une circulaire royale adressée à l'épiscopat franc peu après la guerre d'Aquitaine, en vue de favoriser l'œuvre de réparation de l'Église. C'est l'opinion de Sirmond, o. c., et aussi de Maassen, M. G. H., Concilia, qui n'admet pas la lettre dans son recueil. Boretius ne veut pas se prononcer.
2. LETTRES DE SAINT REMI A CLOVIS
Il y en a deux. (Dom Bouquet, IV, p. 51.—M. G. H., Epistolæ merovingici et karolini ævi, t. II, pp. 112 et 113.) La première fut écrite peu après 481, pour féliciter Clovis de son avènement au trône.
La seconde est une lettre de condoléance au sujet de la mort d'Alboflède, sœur de Clovis, o. c. Elle a été connue de Grégoire de Tours, qui en cite un fragment. (Hist. Franc., II, 31.)
3. LETTRES DE THÉODORIC LE GRAND A CLOVIS
(M. G. H., Cassiodori senatoris Variæ, éd. Mommsen, Auctores Antiquissimi, t. XII, Berlin, 1894.—Dom Bouquet, IV, p. 2 et 4.)
Elles sont au nombre de deux. La première (Cassiodore, Variar., II, 41) a pour but de détourner Clovis de poursuivre davantage les Alamans vaincus. Comme il est aujourd'hui établi qu'aucune des lettres de Cassiodore n'a été écrite avant 501 (Usener, Anecdoton Holderi, p. 70), celle qui nous occupe est de beaucoup postérieure à la date traditionnelle de la bataille de Clovis contre les Alamans. Comme, d'autre part, cette lettre semble se rapporter à des événements récents, les uns ont imaginé, comme Vogel (Historische Zeitschrift, t. LVI), de contester la chronologie de Grégoire de Tours, qui place la bataille contre les Alamans dans la quinzième année du règne de Clovis (496), et de la faire descendre entre les années 501 et 507, ce qui bouleverserait toute la suite des événements, même les mieux datés. Les autres ont préféré supposer que la guerre des Francs contre les Alamans se partage en plusieurs luttes, dont la première serait marquée par la bataille de 496, et dont les autres auraient eu lieu les années suivantes. (Schubert, Die Unterwerfung der Alamannen unter die Franken, Strasbourg, 1884, Mommsen, préface de son édition des Variarum de Cassiodore, pp. XXXII et suivantes.) Je me suis rangé à cet avis.
La seconde lettre de Théodoric à Clovis (Cassiodore, Variar., III, 4) est écrite pour l'empêcher de faire la guerre à Alaric, roi des Visigoths. On ne peut la séparer des lettres 1, 2 et 3 du même livre IV, adressées dans le même but à Alaric, à Gondebaud et aux autres rois germaniques, et qui ont été analysées dans le texte de ce livre.
4. LETTRE DE SAINT AVITUS DE VIENNE A CLOVIS
(Sirmond, Sancti Aviti Viennensis archiepiscopi opera, Paris, 1643, nº 41.—Dom Bouquet, IV, p. 49.—Peiper, M. G. H., Alcimi Ecdicii Aviti Viennensis episcopi opera quæ supersunt; Berlin, 1883, nº 46.—Chevalier, Œuvres complètes de saint Avit, évêque de Vienne, Lyon, 1890, nº 38.)