[418] Flodoard, Hist., t. I, ch. XIX, Mon. Germ., t. XIII, p. 430.
[419] On trouve l'expression de Dominica villa appliquée à un domaine de la couronne, situé près de Reims, dont Louis le Pieux fit don à l'abbaye de Charroux en Poitou, par un diplôme daté de 830: «... in pago Remensi villam qua dicitur Dominica villa.» Elle faisait partie de ses propriétés: «... quasdam res proprietatis nostræ.» C'est aujourd'hui Villedomange (arr. de Reims). Voy. ce diplôme dans le Rec. des hist. de la France, t. VI, p. 566.
L'empereur Louis le Pieux fit don de ce monastère de Saint-Pierre à sa fille Alpaïde, épouse du comte Bégon, et celle-ci en transmit la possession à l'église de Reims[420]. C'est sans doute aussi par suite d'une aliénation du domaine royal que les archevêques de Reims étaient devenus propriétaires d'un terrain assez vaste, attenant à la porte Basée et voisin de Saint-Pierre, mais situé de l'autre côté de la grande rue qui aboutissait à cette porte. Ils y avaient une grange et une cense qu'ils ont conservées jusque dans les temps modernes[421]; près de cette grange, l'archevêque Guillaume de Champagne fonda en 1201 un hôpital desservi par les religieux de l'ordre de Saint Antoine[422]. Il est permis de conjecturer que tous ces terrains, qui étaient demeurés, comme le dit Flodoard, «in regali potestate» jusque sous les souverains carolingiens, avaient eu la même destinée à l'époque romaine, et qu'ils avaient pu être compris dans les dépendances du palais construit près de la porta Basilica.
[420] «Quod monasterium Ludowicus imperator Alpheidi, filiæ suæ, uxori Begonis comitis, dono dedit... Quod cœnobium postea per precariam ipsius Alpheidis, vel filiorum ejus Letardi et Ebrardi, ad partem et possessionem Remensis devenit ecclesiæ.» Flodoard, Hist., l. IV, ch. XLVI, Mon. Germ., t. XIII, p. 595. Cf. Vita S. Rigoberti, AA. SS. Boll., janvier, t. I, p. 177.
[421] Cette cense a été cédée, en 1551, par le cardinal de Lorraine aux religieuses de l'abbaye de Saint-Pierre-les-Dames (Archives de Reims, G. 25; voy. l'Inventaire des Archives départementales de la Marne, série G, t. I, p. 19).
[422] Voy. la charte de cette fondation dans Marlot, Metr. Remens. hist., t. II, p. 449.
La Vie de saint Rigobert, déjà citée, nous fournit de curieux renseignements sur la petite église de Saint-Pierre et sur la situation qu'elle occupait. Elle était contiguë, et peut-être même adossée à la muraille antique, sur la droite de la porte Basée, en sortant de la ville; la chapelle Saint-Patrice du collège des Bons-Enfants lui a succédé plus tard sur le même emplacement, et la position de celle-ci est encore nettement indiquée en divers plans du dix-huitième siècle[423]. Saint Rigobert avait fait ouvrir une porte dans le pignon de l'église Saint-Pierre qui touchait à son logis, et de là, il descendait par des degrés jusque dans le sanctuaire pour y prier Dieu: «... Ostium in pinnaculo ecclesiæ Sancti Petri quæ finitima erat suæ domui, præcepit fieri, per quod in eamdem gradibus adjectis descendebat ad adorandum[424].» Il remontait ensuite et entrait par cette porte dans un oratoire qu'il avait bâti sur le mur de la cité, près de sa maison, et avait dédié à l'archange saint Michel: «... indeque revertens per hoc ipsum intrabat in oratorium quod juxta domum suam fecerat super civitatis murum, dedicavitque in memoriam sancti Michaelis archangeli[425].» Le comte Bégon, gendre de Louis le Pieux, fit détruire cet oratoire, parce qu'il masquait la fenêtre de l'église, et lui enlevait du jour[426]. En lisant ces descriptions, on ne peut s'empêcher de songer au récit d'Hincmar, et de rapprocher l'oratorium Sancti Petri qui tenait, suivant cet auteur, à la chambre de Clovis, «cubiculo regis contiguum», de l'église ou chapelle Saint-Pierre, voisine de la demeure de saint Rigobert, «quæ finitima erat suæ domui.» Il est vrai, la chapelle Saint-Pierre du palais épiscopal se présentait un peu dans les mêmes conditions; mais les diverses raisons que nous venons de passer en revue sont plutôt en faveur du séjour de Clovis dans le palais de la porte Basée, la domus regia distincte de la domus episcopi.
[423] On peut consulter en particulier un plan de la seigneurie de l'abbaye de Saint-Pierre en la ville de Reims et des lieux voisins, copie faite en 1776 d'après un plan de 1754 (Archives de Reims, fonds de l'abbaye de Saint-Pierre).
[424] AA. SS. Boll., t. I, p. 176.
[425] Ibid.