De la plus riche province d'Espagne était venu un prince orgueilleux, couvert d'or et de diamants. Il était venu pour demander la main de la belle princesse.
Il brûlait, d'une passion ardente; mais en vain. Depuis plusieurs années il restait en Bourgogne, sans espoir de succès, et sans vouloir abandonner son entreprise.
Aussi l'orgueilleux étranger ne connaissait de repos ni le jour ni la nuit: et à l'heure du rendez-vous, il était dans le jardin.
Il vit et entendit tout; car tout se passa près de lui. Il grinçait des dents, et le sang ruisselait de ses lèvres. «Avertissons sur-le-champ, le prince de Bourgogne.»
Et, au même instant, il pénètre dans l'appartement du prince, malgré les gardes. «Je veux lui parler sur l'heure, dit-il, car la trahison le menace.»
—Réveille-toi, prince de Bourgogne; l'ornement de ton trône a perdu son éclat. Blandine, ta fille, est à cette heure dans les bras d'un valet!»
Le vieillard se réveille: sa fille était tout son bonheur. Il l'aimait plus que sceptre et couronne, il la préférait même à l'éclat du trône.
Furieux, il s'élance de son lit: «Tu mens, traître, tu mens; mais tout ton sang paiera ton mensonge, si tu as osé me tromper!»
—Vieillard, je me livre en otage. Mais hâte-toi. Tu verras la vérité. Si j'ai menti, que la Bourgogne s'abreuve de mon sang!
Guidé par le serpent, le Prince, le poignard à la main, se dirige vers l'entrée de la caverne.